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Nos actualités - 30 novembre 2009 - SAR, SCOT, PLU : Et quoi encore ?
EconomieSAR / SCOT / PLU : Et quoi encore ?Schéma d’aménagement : dessine-moi la Réunion des 10 prochaines annéesCLICANOO.COM | Publié le 30 novembre 2009Sur un territoire non extensible comme la Réunion, à partager entre un nombre croissant d’individus aux intérêts divergents, le Schéma d’aménagement régional (SAR) prend tout son sens. Institué dans les Dom par une loi de 1984, ce document vise à préserver un développement équilibré du territoire. Il attribue à chaque parcelle de l’île une finalité déterminée dans le souci de l’intérêt général, et ce pour 10 ans. Depuis août dernier, le conseil régional a arrêté un nouveau projet de SAR qui succédera au document de 1995 après avis du Conseil d’État, courant 2010. L’orientation principale affichée par le SAR 2009 demeure, comme en 1995, la préservation du foncier agricole. Mais ses prescriptions seront-elles mieux respectées cette fois ?1/ QU’EST-CE QUE LE SAR ?
Le SAR ou Schéma d’aménagement régional est un document de référence qui fixe les grandes orientations en matière d’aménagement, de développement, de mise en valeur du territoire et de protection de l’environnement. Il est élaboré à l’initiative du président du conseil régional en association avec l’État dans le cadre d’une procédure spécifique. Il détermine la destination générale des différentes parties du territoire, l’implantation des grands équipements d’infrastructure et de transport, la localisation préférentielle des extensions urbaines, des activités industrielles, portuaires, artisanales, agricoles, forestières, touristiques, ainsi que celles relatives aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC). Le SAR comprend en outre un chapitre individualisé, le Schéma de mise en valeur de la mer. Celui-ci est consacré aux orientations fondamentales de la protection, de l’aménagement et de l’exploitation du littoral. Le SAR correspond à l’équivalent des schémas directeurs des régions métropolitaines. 2/ DEPUIS QUAND EXISTE-T-IL ? C’est la loi n° 84-747 du 2 août 1984 relative aux compétences des régions de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique et de la Réunion, qui confère aux conseils régionaux d’Outre-Mer des compétences particulières en matière de planification et d’aménagement du territoire. À la Réunion, le SAR en vigueur actuellement est le premier et le seul qu’ait connu l’île jusqu’ici. Il a été adopté en 1994. Dix ans plus tard, le 5 novembre 2004, le conseil régional a décidé sa mise en révision. 3/ COMMENT EST-IL MIS EN OEUVRE ? Le SAR encadre les documents d’urbanisme que sont les Schémas de cohérence territoriale (SCOT) au niveau intercommunal, et les Plans locaux d’urbanisme (PLU) au niveau communal. Ceux-ci doivent être compatibles avec les dispositions du SAR au moment de leur approbation. Mais dans la pratique, ce n’est pas aussi évident. Le SAR de 1995 n’est pas appliqué de façon rigoureuse. Sa mise en oeuvre dépend dans les faits de la volonté des élus communaux. Mais c’est loin d’être évident. L’association des maires dit ignorer combien de communes à la Réunion ont adapté leur PLU au SAR. Cette réalité aboutit dans les faits à de véritables imbroglios législatifs et judiciaires. Dans son avis rendu le 16 octobre sur le projet de SAR 2009, le CESR (Conseil économique et social de la Réunion) souligne au sujet du schéma en vigueur : "la superposition des documents de planification et stratégiques aux différents niveaux induit une multiplicité d’intervenants et nuit à leur lisibilité. Cet empilement, les différentes échelles auxquelles ils sont élaborés (...) réduisent considérablement la portée (du SAR)." 4/ QUEL EST L’ENJEU ESSENTIEL DU SAR ? La mission du SAR, aussi cruciale que complexe, consiste à favoriser l’équilibre du territoire et l’intérêt général de sa population au-delà des intérêts particuliers divergents. L’orientation principale du SAR 2009 reste, comme dans le SAR 1995, la protection des terres agricoles. Schématiquement, il s’agit d’éviter autant que possible que le foncier agricole ne pâtisse du nécessaire rééquilibrage économique entre les différentes microrégions de l’île. Si, globalement, l’ensemble des acteurs s’accordent sur le volontarisme affiché par le SAR 2009 pour la préservation des terres naturelles et agricoles, nombre d’entre eux restent dubitatifs quant à l’application future des préconisations. L’expérience du SAR de 1995 a montré qu’une fois confrontées à la réalité des arbitrages communaux, de "nombreuses orientations lourdes du SAR" sont restées "lettre morte", comme le rappelle le CESR dans son avis du 16 octobre. 5/ POURQUOI L’APPLICATION DE SES PRÉCONISATIONS EST-ELLE SI ARDUE ? Le projet de SAR met en confrontation deux approches divergentes, voire conflictuelles. D’un côté, prévaut une approche stratégique de développement du territoire avec des projets urbains, ruraux, économiques et résidentiels propres à chaque microrégion, si ce n’est à chaque commune. De l’autre côté, prévaut l’immédiateté à laquelle sont soumis les maires, véritables patrons de l’espace, confrontés à de nombreuses demandes individuelles. Or, le SAR dépend avant tout dans son application de la volonté des élus communaux. La mise en oeuvre de ses préconisations se révèle donc trop aléatoire pour qu’il s’impose avec efficacité. Seul le recours intenté par un tiers peut, en cas de non-respect, permettre de rectifier le tir. 6/ QUEL EST LE BILAN DU SAR 1995 ? Le SAR de 1995 avait dégagé trois priorités. Il s’agissait de la protection des milieux naturels et agricoles, d’un aménagement plus équilibré du territoire et d’une densification des agglomérations existantes accompagnée d’une structuration des bourgs ruraux. D’après un bilan réalisé par l’Agorah (Agence pour l’observation de la Réunion, l’aménagement et l’habitat) en 2003 et confirmé dans l’avis du CESR (16 octobre 2009), le premier objectif n’a été que partiellement atteint et les autres, quasiment pas. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons pour lesquelles le document a été mis en révision en 2004. Certes, sans le SAR actuel, les surfaces agricoles de l’île auraient reculé encore plus vite sur les 15 dernières années. Mais selon le CESR, "les objectifs de protection du foncier agricole et économique ne sont pas atteints". Il ajoute : "La poursuite de l’étalement urbain, une insuffisante densification, un développement insuffisant des services et de la structuration des bourgs sont constatés." Et pour cause, le CESR souligne "un déficit de cohérence et de cohésion dans l’application et la mise en oeuvre du document". Concrètement, la surface agricole utile (SAU) que l’on avait estimé devoir maintenir a été malmenée par endroits en raison d’un laxisme qui a abouti au "mitage", c’est-à-dire à l’installation progressive et insidieuse de bâtiments dans des paysages à vocation non urbaine. Ainsi, depuis,1995, on a assisté à des déclassements " de fait" de terres cannières, en particulier dans l’Est. Autant de raisons qui ont motivé à modifier le SAR, notamment pour améliorer ses chances de mise en oeuvre concrète. 7/ OÙ ON EST-ON AUJOURD’HUI DU PROCESSUS D’ÉLABORATION DU NOUVEAU SAR ? Depuis la décision de mise en révision du SAR par le conseil régional fin 2004, socioprofessionnels, maires, représentants des communautés de commune, du conseil général et de l’État se sont régulièrement réunis pour dessiner les grandes orientations. Défenseurs de l’agriculture, des entreprises ou encore du logement ont exercé chacun leur lobbying. Entre avril et décembre 2008, après une série de rencontres bilatérales entre les membres de la commission régionale chargée de l’élaboration du nouveau SAR et les communes, la concertation s’est poursuivie au cours du premier semestre 2009. Les dernières rencontres ont été menées avec les EPCI (Établissements publics de coopération intercommunale) et syndicats mixtes chargés d’élaborer les SCOT. Après présentation à la commission le 15 juillet, le nouveau projet de SAR a été arrêté par la Région le 4 août 2009. Mais la procédure, longue et complexe, ne s’arrête pas là. 8/ QUE DOIT-IL SE PASSER À PARTIR DE MAINTENANT ? Aujourd’hui, après cinq ans de concertation et le projet arrêté par la Région, le SAR 2009 en arrive à la dernière phase de son élaboration. Il fait en ce moment l’objet de discussions dans les conseils municipaux. La synthèse de celles-ci, ainsi que l’avis du CESR et les résultats de l’enquête publique qui a cours jusqu’au 5 janvier seront envoyés au Conseil d’État. Autant de volumineux documents que l’institution doit étudier avant d’arrêter sa décision d’adoption, courant 2010. 9/ APRÈS TOUT, POURQUOI LE SAR 2009 SERAIT-IL PLUS "EFFICACE" QUE CELUI DE 1995 ? Le SAR 1995 avait été construit ex-nihilo. Celui de 2009 a bénéficié de cette première expérience, ainsi que d’outils modernes, tels que ceux de l’Agorah qui ont permis d’élaborer des scénarios d’avenir relativement précis. En outre, le SAR 2009 prend davantage en compte les enjeux globaux dans lesquels l’avenir de l’île doit être pensé. Il est aussi construit en connaissance des plans de préventions des risques naturels et industriels, documents qui n’existaient pas avant 1995. Pour toutes ces raisons, le SAR 2009 semble plus compatible que le précédent avec le territoire et ses différents échelons. Il a été pensé comme un moyen au service d’un projet global et non plus comme une fin en soi. Et pour cause, les projets réunionnais - "Île verte" et "Gerri" - ont émergé après 1995. Par ailleurs, les communes ont été consultées au cours de l’élaboration, ce qui n’avait pas été le cas pour le premier projet. Un autre atout qui laisse penser que le nouveau SAR a plus de chances d’être respecté par les maires que le précédent. Mais cela, seules des évalutions rigoureuses pourront le confirmer. Dossier : Séverine Dargent Jusqu’au 5 janvier, chacun peut adresser ses remarques et contributions sur la révision du SAR à l’adresse mail : sar@cr-reunion.fr (Cellule SAR du conseil régional). Economie"Il nous faut ces 800 hectares pour les 20 ans à venir"CLICANOO.COM | Publié le 30 novembre 2009CINQ QUESTIONS À JÉRÔME ISAUTIER, CORESPONSABLE DU DOSSIER FONCIER POUR LA RÉUNION ÉCONOMIQUELe SAR 2009 accorde 500 hectares supplémentaires au foncier économique. Ceux-ci s’ajoutent aux 300 hectares non utilisés du SAR 1995. Les entreprises locales disposent donc de 800 hectares de superficie supplémentaire à horizon 2020. Selon Jérôme Isautier, coresponsable du dossier foncier au sein de la Réunion économique, ce chiffre correspond globalement aux besoins estimés. Quelle est la principale problématique en matière de foncier économique à la Réunion ? L’activité de production économique ne peut pas se faire n’importe où. Les grandes entreprises ont besoin de grandes unités sur terrain plat, situées près de noeuds de communication. Elles doivent être regroupées pour faciliter l’organisation des services aux entreprises, comme le transport. Quant aux artisans, ils ont besoin de travailler non loin de leur lieu de résidence. Les petites activités émergentes ou polluantes ont donc besoin de 2 à 5 hectares de zone de proximité dans chaque commune, dans le respect du voisinage bien sûr. C’est pourquoi la Réunion économique a préconisé trois grands pôles de regroupement d’activités, ainsi que de petits pôles à l’intérieur des communes. Le SAR 2009 prévoit 800 hectares supplémentaires pour les 10 ans à venir. Cela répond-ils aux attentes de la Réunion Économique ? Ce chiffre correspond à notre estimation des besoins en foncier économique pour les 20 prochaines années, selon une prévision de croissance de l’activité économique de 4% par an, nécessaire pour créer de l’emploi local. Mais pour être exact, le SAR 2009 n’attribue que 500 hectares de nouvelles terres, en complément des 300 hectares encore non utilisés de l’ancien SAR. Sur ce total, et afin que le développement économique se fasse plus particulièrement là où des accroissements de population sont prévus, 300 hectares de foncier ont été accordés à la microrégion Sud, 200 hectares à la microrégion Ouest, 150 hectares à la microrégion Nord et 150 hectares à la microrégion Est. Cette répartition correspond-elle aux desiderata de la Réunion Économique ? La répartition demandée par la Réunion Économique a été légèrement modifiée par la Région, sous la pression des communautés d’agglomérations et notamment de la Cinor (Communauté intercommunales du Nord de la Réunion). Nous marquons un certain désaccord avec la Région qui est allée dans leur sens, car certaines d’entre elles se sont montrées trop ambitieuses et ont demandé par exemple une dizaine d’hectares alors qu’elles n’en rempliront sans doute même pas cinq. Pourquoi évoquez-vous plus particulièrement la Cinor ? Nous avons souligné que la microrégion Nord, à vocation tertiaire, a la possibilité de construire en hauteur. Dans ce cas, 150 hectares de foncier se transforment facilement en 300 hectares de plancher développé. A contrario, les usines agroalimentaires du Sud et de l’Est ne peuvent être construites que sur un seul étage. Sans compter que ces deux microrégions sont les plus dynamiques en termes de démographie. Le SAR résout-il tous les problèmes en matière de foncier économique ? Non, car pour l’avenir, il va aussi falloir tenir de plus en plus compte d’éléments de contrainte non spatiaux tels que l’eau. Le problème se pose avec l’assainissement et les stations d’épuration, ainsi qu’avec le basculement d’eau de l’Est vers l’Ouest. Aujourd’hui, l’Ouest dispose de la quantité d’eau nécessaire aux besoins de sa population, mais pas plus. Impossible donc d’implanter dans la microrégion des activités économiques consommatrices d’eau. Ce problème persiste. Interview : S.D. EconomieProjet de SAR 2009 : selon le CESR, peut mieux faire...CLICANOO.COM | Publié le 30 novembre 2009Le conseil économique et social régional (CESR) a rendu le 16 octobre un avis sur le projet de SAR 2009. Le document sera consulté par le Conseil d’État avant que celui-ci entérine ou non le projet l’an prochain."En premier lieu, le CESR affirme avec force qu’à la Réunion, le foncier est une denrée particulièrement rare et donc précieuse. Il doit faire l’objet d’une attention spécifique afin que la moindre de ses parcelles soit utilisée dans un objectif de développement durable de notre île. Il est dès lors essentiel que la terre et son affectation la plus judicieuse constituent le fil rouge de tout projet d’aménagement." D’entrée, dans son avis rendu le 16 octobre, la position du CESR est claire, le SAR "apparaît comme un outil nécessaire à une vision globale et prospective du devenir du territoire réunionnais." Mais très vite, et tout au long du document d’une dizaine de pages, les observations s’enchaînent, Certes, le CESR approuve totalement la volonté du SAR 2009 de retrouver un marché du logement adapté à la demande et de mettre la priorité sur la production de logement social. Mais il estime en revanche que "la contribution au maintien et au développement des activités et de la production, donc de l’emploi, aurait mérité un examen spécifique conséquent." QUI FINANCE ? QUI EST RESPONSABLE ? PAS CLAIR Gros point d’interrogation également sur la question des financements. Rien de précis n’a été établi en la matière alors que le problème s’est déjà posé par exemple pour la construction des stations d’épuration. En outre, "compte tenu des incertitudes liées à la crise, au devenir des futures politiques européennes et aux marges de manoeuvre des collectivités locales, le CESR s’interroge sur la capacité financière de réalisation des objectifs du SAR par l’ensemble des collectivités." Le CESR note également qu’en amont, le projet de SAR "ne semble pas être véritablement adossé tant à une vision stratégique qu’à un plan de développement partagés et adoptés." Il ajoute qu’en aval, "il ne comporte pas d’indication sur la maîtrise d’ouvrage, laissant ainsi des interrogations sur la responsabilité de chaque institution." Le CESR pointe enfin et surtout "les risques réels si les orientations préconisées restent lettre morte, comme cela a été le cas pour la mise en oeuvre de certaines orientations du premier SAR (...) Ses orientations et prescriptions d’aménagement se doivent d’être mises en oeuvre. Cela demande que chacun des élus, quelle que soit sa place, engage sa responsabilité. Cela doit se traduire non seulement par le respect dans les SCOT (Schéma des cohérences territoriale, ndlr) et les PLU (Plans locaux d’urbanisme, ndlr) des préconisations adoptées, mais également par la recherche d’une adhésion de la population, dans le souci de dépasser les intérêts particuliers et de concourir véritablement à l’intérêt général." Les principales observations du CESR... ... Sur l’absence de bilan joint : "Le premier SAR a fait l’objet d’un bilan qui a été porté à connaissance en 2006. Le CESR aurait apprécié voir une synthèse de ce bilan jointe au projet de SAR 2009 (...) Cette évaluation (...) aurait permis de bien identifier les avancées et les freins." ... Sur la cartographie : "Le document aurait dû, notamment au niveau de la partie cartographique, faire apparaître les préconisations en matière de réseaux, d’équipements de proximité, de routes, de gestion des déchets, de services publics à créer. Cet effort aurait permis au SAR 2009 d’être plus cohérent et contraignant en matière de densification." ... Sur les limites de l’exercice : Le CESR "déplore que le document n’ait pas la possibilité juridique d’imposer les emprises nécessaires pour la réalisation de grands projets, ce qui constitue une des limites de l’exercice." ... Sur les espaces économiques : "Le CESR pense qu’il aurait été intéressant de proposer pour certaines zones d’activités une spécialisation au sein des bassins de vie, avec pour effet de donner une vocation plus précise aux espaces et de proposer un aménagement engagé." ... Sur le foncier agricole : Le CESR estime "indispensable" de "sécuriser encore plus les espaces à vocation agricole (...) De plus, il préconise que l’ouverture des droits à extension urbaine, prévue à l’échéance 2020, ne se fasse que pour 30% des quotas autorisés, au lieu des 40% prévus dans le projet de SAR. Il craint en effet que les zones de production agricole aujourd’hui menacées (220 hectares dans le Nord-Est notamment) ne puissent trouver de compensation équivalente." ... Sur l’évaluation du SAR : "Le CESR regrette fortement qu’aucune procédure d’évaluation ne soit intégrée dans le projet de SAR 2009. Il demande donc avec force qu’un dispositif de suivi et d’évaluation en continu soit mis en place, faisant l’objet d’un rapport annuel." ... Sur la révision du SAR : "Il est indispensable que la révision du SAR puisse être engagée avant le délai réglementaire de 10 ans (...) Cette modification réglementaire doit être demandée sans délai, faute de quoi de nombreuses orientations lourdes du SAR risquent de rester lettre morte, comme pour le SAR de 1995."
La Safer : "des principes favorables au développement agricole" Pour Pierre Brun, président de la SAFER, le projet de SAR 2009 a le mérite d’identifier l’ensemble des enjeux complexes et concurrents de l’aménagement du territoire, et réussit à énoncer plusieurs principes favorables au développement agricole. Il cite ainsi les coupures d’urbanisation garantissant la vocation agricole de certains espaces, l’obligation de densifier la tâche urbaine existante avant d’envisager toute extension, ainsi que le principe de compensation "dont la mise en œuvre reste toutefois à définir", souligne-t-il. "Notre île a fait le choix de la production et du développement local, explique Pierre Brun. Or, la préservation du foncier constitue le support de cet objectif économique ambitieux. Quant au SAR, c’est le document qui doit garantir cette protection." Mais selon lui, au-delà son objectif de 50 000 hectares de surface agricole utile ( SAU) devant rester dévolus à l’agriculture, le SAR ne peut être un document trop précis. "Il se substituerait sinon, sous peine d’illégalité, aux schémas de cohérence territoriale, de la compétence des établissements publics de coopération intercommunale, et aux plans locaux d’urbanisme, dévolus aux communes." Il souligne toutefois la nécessité d’atteindre un niveau de précision suffisant pour la nécessaire vérification de la cohérence entre les objectifs quantitatifs et les zonages pressentis. "Le caractère réglementaire du document rendu opposable ne peut pas laisser la place à une trop large interprétation lors de la vérification de la compatibilité des documents d’urbanisme qu’il régit." Enfin, Pierre Brun souligne que le développement de l’agriculture réunionnaise dépend "fortement mais pas exclusivement" des documents d’urbanisme. Ainsi, il lui apparaît nécessaire de travailler sur d’autres axes liés à la question foncière, tels que la reconquête des friches ou la programmation effective des périmètres d’irrigation.
Economie"Le foncier agricole ne doit pas être la variable d’ajustement entre espaces urbanisés et sanctuarisés"CLICANOO.COM | Publié le 30 novembre 2009Jean-Pierre Avril, président de la FRCA (Fédération régionale des coopératives agricoles de La Réunion), se dit globalement d’accord avec l’affichage volontariste du SAR 2009 de protéger l’espace agricole. Mais il demeure dubitatif quant à l’évaluation qui sera faite de la mise en oeuvre des préconisations, ainsi qu’à l’articulation du schéma régional avec les documents opérationnels. "L’espace à la Réunion est notre contrainte numéro 1, rappelle Jean-Pierre Avril. Avec 250 000 hectares dont 100 000 utilisables par l’homme, et la moitié de l’espace "artificialisé", il reste aujourd’hui un potentiel de 50 000 hectares au mieux pour l’agriculture. Nous sommes parvenus au point de non retour." Le président de la FRCA se base dans ses estimations sur la perspective d’un quart de population supplémentaire dans les 20 ans à venir. "Il faut gérer l’espace avec diligence dès maintenant, afin de laisser une marge de manoeuvre à nos descendants, souligne Jean-Pierre Avril. Car une fois que l’on a mis du bitume sur un terrain, on ne revient pas en arrière. Or, le développement de la filière canne apporte un équilibre aux autres filières agricoles. La canne n’est pas un poids du passé, c’est un potentiel pour le futur." S’il adhère aux orientations du SAR, Jean-Pierre Avril reste dubitatif quant aux applications concrètes qui en découleront. "Dans ses affichages, le SAR est volontariste et construit sur un impératif de maintien de la capacité agronomique. Mais il faudra veiller à la bonne mise en oeuvre de ses préconisations dans les documents de planification, SCOT et PLU. Car les maires sont confrontés aux attentes de leurs administrés, "un toit et un emploi". La tentation est forte pour eux d’aller puiser dans les espaces préservés pour répondre aux besoins. Or, le foncier agricole ne peut pas être la variable d’ajustement entre l’urbanisation et la sanctuarisation des espaces. La somme des intérêts individuels ne doit pas prévaloir sur l’intérêt général", conclut-il. S.D. Date de création : 30/11/2009 • 14:44 Réactions à cet article
| Thierry SOUTON
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