Politique
Un référendum pour la commune de La Rivière
CLICANOO.COM | Publié le 20 janvier 2009
Serpent de mer électoral, le projet de création de la commune de La Rivière figurait au programme du candidat Claude Hoarau. Hier, le conseil municipal de Saint-Louis a entériné le principe d’un référendum consultatif local auprès des électeurs. Ces derniers devront se prononcer sur le découpage communal le 29 mars prochain.
Le 29 mars prochain, les Saint-Louisiens seront convoqués à nouveau devant les urnes. Ce ne sera pas pour élire un nouveau maire bien que le scénario reste possible, mais pour se prononcer sur le projet de création de la commune de La Rivière, qui deviendrait de fait la vingt-cinquième commune de l’île.
Hier soir, le conseil municipal a en effet voté à l’unanimité la mise en place d’un référendum consultatif auprès de la population afin qu’elle se prononce sur le découpage communal. Il faut dire c’est un peu l’arlésienne à Saint-Louis.
Maintes fois évoqué par les différents maires de la commune, Guy Ethève en 1998, Cyrille Hamilcaro en 2005, ce découpage, qui viserait à donner son “indépendance” à la Rivière-Saint-Louis, n’avait jamais été concrétisé par manque de volonté politique. Pour l’actuelle municipalité qui avait inscrit ce projet à son programme de campagne, le lancement d’une consultation sur l’ensemble du territoire communal répond avant tout à une nécessité et à un souhait formulé par la population qui “manifeste depuis un temps certain sa volonté de prendre en main les affaires de sa cité”. Elle rappelle dans le même temps que “le découpage communal répond à une logique de comblement du déficit démocratique qui sévit de manière générale sur l’île”.
REDÉCOUPAGE CANTONAL
“En démocratie, c’est le choix des citoyens qui ébranle le plus les autorités”, estime le maire Claude Hoarau, pour expliquer le choix du recours à une consultation populaire. “L’Etat peut facilement ignorer une délibération du conseil municipal, mais pas la voix du peuple.” Et ce peuple de Saint-Louis, le maire entend bien lui faire dire “massivement oui” à la création de la commune de La Rivière.
“Ce sera l’ardente obligation de notre mandat”, souligne le maire communiste, paraphrasant le général De Gaulle. Reste que si le principe d’un découpage communal est acté, il devra obligatoirement s’accompagner d’un redécoupage cantonal car comme le fait remarquer le maire : “les frontières communales ne correspondent pas aux limites cantonales”.
Pour la municipalité qui devra soumettre au conseil général un projet de modification de ces limites, il s’agit avant tout de s’assurer une légitimité auprès de l’Etat. Pendant la consultation, les projecteurs seront notamment braqués sur les quartiers des Makes et de Bois-de-Nèfles-Coco qui ont déjà fait les frais de la cuisine électorale lors du dernier découpage cantonal opéré à la Réunion.
P.V.
LA MUNICIPALITÉ DEVRA ALLER AU BOUT
Absente du conseil municipal hier soir, l’opposition se félicite tout de même par la voix de ses élus riviérois, de l’initiative menée par la majorité. “Ce projet a trop souvent été agité par les différentes équipes en place, cette fois la municipalité devra aller jusqu’au bout de sa démarche”, prévient Thierry Souton, conseiller municipal de la Rivière.
Bien que l’idée fasse encore débat parmi les élus de l’opposition, elle annonce qu’elle “participera activement” à la campagne du référendum consultatif local en organisant notamment des réunions d’information. Le camp rivièrois est plus que jamais convaincu de la nécessité de créer la commune de La Rivière. Il s’appuie notamment sur une première étude menée par un cabinet indépendant en 1999 qui avait conclu à la faisabilité du projet, un premier diagnostic conforté en 2006 par l’étude Garcia qui avait conclu qu’aucun obstacle ne semblait exister pour la création éventuelle de la vingt-cinquième commune de la Réunion. “On se demandait si Cilaos pouvait être viable lorsqu’il a été question de la détacher de Saint-Louis”, avance Thierry Souton pour qui la question ne se pose même pas pour La Rivière.
Il reconnaît toutefois que l’étude pointait des lacunes comme le retard en équipements, l’absence de cuisine centrale, soulevait le problème de la répartition du personnel et préconisait une gestion financière très rigoureuse.
Bien que prête à suivre la municipalité dans son projet de consultation populaire, l’opposition souhaite qu’une nouvelle étude soit menée par des experts afin d’éviter la politisation du débat. “Le choix de la population doit se faire sans la pression des politiques, c’est aux Saint-Louisiens, et aux Saint-Louisiens seuls de se prononcer”, estime pour sa part Jean-Yves Viadère.
Un voeux pieu qui risque d’être difficile à respecter dans les semaines à venir.
P.V.